Abdoulatifou ALY

Député de Mayotte

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Abdoulatifou ALY

Archives pour avril 2010

Abdoulatifou Aly, député de Mayotte, sera reçu ce vendredi matin par le Premier ministre François Fillon.

Il accompagnera François Bayrou, au titre du Mouvement Démocrate, dans le cadre des consultations des partis politiques sur le projet de loi annoncé concernant l’interdiction du port du voile intégral en France.

Monsieur le Président,

Madame la Ministre,

Mes Chers Collègues,

 

Par son intitulé même, le projet de loi examiné aujourd’hui par notre assemblée embrasse une série de sujets, certes tous en lien avec la vie économique au sens large, mais dont l’homogénéïté n’est pas – c’est le moins qu’on puisse dire – la caractéristique première. Dans ce que, sans esprit polémique, on peut se permettre de qualifier de texte « fourre tout », je me concentrerai sur les dispositions relatives à la réforme des réseaux consulaires et correspondant donc aux titres I et III du texte de loi.

 

Les chambres consulaires, et notamment celles visées dans le projet de loi, à savoir les chambres de commerce et d’industrie et les chambres de métiers et de l’artisanat, sont des institutions profondément ancrées dans notre histoire nationale et dans notre République. Madame le Rapporteur a rappelé à juste titre la genèse très ancienne de leur existence.

 

Aujourd’hui, plusieurs phénomènes sont à l’œuvre et impactent leur fonctionnement :

-       la mondialisation et l’ouverture massive à la concurrence ;

-       la décentralisation et le rôle accru des collectivités territoriales ;

-       l’état de plus en plus préoccupant de nos finances publiques.

Dans ce contexte, les chambres consulaires ont besoin d’évoluer. C’est un fait indéniable. La démarche de modernisation et de rationalisation poursuivie par le gouvernement est donc légitime et, dans son principe général, nous ne pouvons qu’y souscrire.

 

Dans ses modalités concrètes, vous avez fait le choix d’une réorganisation territoriale du réseau consulaire autour de l’échelon régional qui devient le niveau de référence. Echelon qui présente à vos yeux le double avantage :

-       de la cohérence avec la vocation économique des Régions ;

-       de la simplification et de la rationalisation, sous forme de diminution de leur nombre, des structures consulaires elles-mêmes.

 

Ces arguments sont recevables mais à la condition que la réforme que vous proposez ne se fasse pas en éloignant, mais tout au contraire en rapprochant les structures consulaires, parfois jugées sur le terrain quelque peu lointaines ou très institutionnelles, de la réalité quotidienne des hommes et des femmes artisans, commerçants et chefs d’entreprise, PME, PMI et TPE.

 

Je dois l’avouer : c’est sur ce point précis que nous pouvons nourrir un certain nombre d’interrogations. Le pilotage régional peut avoir pour conséquence, s’il n’est pas mené avec souplesse et dans la concertation, de faire disparaître ce lien de proximité.

Rappelons que les chambres de commerce et d’industrie et les chambres des métiers assurent des missions de service public indispensables à l’activité économique et notamment à la création des entreprises. Au moment où celle-ci est fortement encouragée, et à juste titre, par le gouvernement, ce serait un contresens majeur que d’aboutir à un système qui en complexifie les conditions.

 

Il ne faudrait pas en effet qu’après une longue série – postes, écoles, percepteurs, tribunaux… – ce soit un nouveau « détricotage » des services publics dans nos territoires, et je pense tout particulièrement à ces oubliés de la République, que sont les banlieues et les territoires ruraux chers à mon ami Jean LASSALLE.

 

Je voudrais enfin, pour terminer, évoquer le cas particulier de Mayotte. Notre île, compte tenu de l’incertitude institutionnelle qui l’a caractérisée durant ces dernières décennies, a longtemps connu l’existence d’une chambre professionnelle unique recouvrant les trois chambres relevant habituellement du droit commun. Ce n’est que depuis 2004 que ces trois chambres existent de manière séparée et effective. Vous prévoyez, à l’article 20, une procédure d’ordonnance pour adapter les dispositions du projet de loi à Mayotte et Saint-Pierre-et-Miquelon. Je profite de l’occasion pour attirer votre attention sur la question du financement des chambres consulaires de Mayotte restées dépendantes du Conseil général de l’île. Il importe désormais que leur financement soit aligné sur les modalités en vigueur dans les DOM.

 

Pour en revenir aux aspects généraux du projet de loi et conclure, c’est donc dans un état d’esprit à la fois ouvert au changement mais très vigilant sur ses modalités que j’aborde ce débat sur l’avenir de nos chambres consulaires.

 

Je vous remercie.

Cocorico !

Une fois encore, un de mes proches vient de se faire élire. Et cette fois, cela n’a pas eu lieu à Mayotte mais bel et bien en métropole, dans la Région Aquitaine, à l’occasion des élections régionales des 14 et 21 mars 2010.

L’heureux élu n’est autre que mon assistant parlementaire Joan TARIS, déjà conseiller municipal de Blanquefort et président du Mouvement Démocrate de la Gironde. Ancien collaborateur de groupe politique au sein de son Conseil régional, il en devient ainsi un membre à part entière. Cette remarquable victoire obtenue de haute lutte confirme à ravir ses indéniables capacités, talents et mérites. Je suis d’autant plus heureux pour lui et pour ma formation politique que cette élection fut une condition essentielle de notre collaboration si fructueuse.

Vous comprendrez aisément que je redise ici toutes mes félicitations et ma profonde reconnaissance à mon ami Jean LASSALLE, député des Pyrénées-Atlantiques et vice-président du Mouvement Démocrate, qui a vaillamment défendu nos couleurs comme tête de liste en Aquitaine.

Pour Mayotte, cette enviable élection témoigne d’une pratique originale de votre serviteur, qui est arrivé à faire distinguer nombre de ses proches par la voie la plus démocratique dans diverses communes de notre île. Je dois avouer qu’il s’agit là d’une formidable leçon de politique héritée du regretté Georges NAHOUDA, le père de la départementalisation de Mayotte, et du sénateur honoraire Marcel HENRY, l’infatigable combattant de cette cause mahoraise.

Fidèlement,

Abdoulatifou ALY