Abdoulatifou ALY

Député de Mayotte

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Abdoulatifou ALY

Archives pour avril 2011

A l’occasion de l’examen, ce matin, en commission des lois de l’Assemblée nationale, du projet de loi ordinaire n° 3235 fixant les nombre de conseillers territoriaux de chaque département et de chaque région, le député de Mayotte, Abdoulatifou ALY est intervenu pour dénoncer la situation particulière et défavorable réservée à ce nouveau département-région de France.

Il a souligné d’une part que, contrairement à tous les autres départements dont le cadre juridique et les effectifs seront réglés par une loi simple, Mayotte a vu sa situation réglée par l’article 3 de la loi organique n° 2010-1486 du 7 décembre 2010 relative à sa départementalisation. Ainsi, elle se trouve régie non pas par le droit commun départemental ou régional mais par une loi spéciale et particulière comme si elle était restée encore sous le régime de la spécialité législative. Il s’agit là, à n’en pas douter, d’un traitement discriminatoire qui ne sied guère à ce tout nouveau département.

D’autre part, cette situation est d’autant plus inacceptable qu’elle confine Mayotte à seulement 23 conseillers territoriaux alors que le tableau des effectifs joint au projet de loi de réforme des collectivités territoriales envisageait 26 conseillers territoriaux pour cette collectivité unique de l’article 73 de la Constitution, même si la population prise en compte est celle résultant du recensement de 1997.

Le rapporteur du projet de loi, M. Dominique PERBEN ainsi que le secrétaire d’Etat chargé des collectivités locales, M Philippe RICHERT, ont pris bonne note de cette déplorable situation et se sont engagés pour l’avenir à veiller à traiter Mayotte comme tous les autres départements de la République.

La commission des lois de l’assemblée nationale a examiné ce matin la proposition de loi n° 2977 relative à l’engagement des sapeurs pompiers volontaires et son cadre juridique.

Sur le rapport de M Pierre MOREL-A-L’HUISSIER, elle a adopté à l’unanimité le texte modifié au regard notamment des exigences de l’article 40 de la Constitution.

A noter que le député de Mayotte, Abdoulatifou ALY, est intervenu pour soumettre à la commission la question de l’applicabilité de ce texte dans ce nouveau département et surtout celle portant sur les modalités de son adaptation à la situation particulière de fonctionnement du service d’incendie et de secours dans l’île.

Il lui a été répondu que les ministères compétents ont été saisis ce même jour de cette double interrogation et le gouvernement ne tardera pas à faire connaître sa position sur ces deux points

Fédération de Mayotte

 

La loi organique du 3 août 2009 portant départementalisation de Mayotte a fixé l’avènement de ce nouveau régime institutionnel à compter de la première réunion de droit suivant le renouvellement du conseil général de l’île les 20 et 27 mars 2011.

Ainsi, bien longtemps à l’avance, la date historique du 31 mars 2011, arrêtée comme jour du basculement sous le régime départemental, était connue de tous. Et pourtant, huit conseillers généraux prétendant à une majorité constituée autour de ceux qui se réclament de l’Union pour un Mouvement Populaire (UMP), à l’exception notable du Président UMP sortant, ont sciemment décidé de ne pas siéger ce-jour là, privant donc l’assemblée du quorum des deux tiers nécessaires pour la validité de toute délibération.

De ce fait, à cette réunion de droit, devait suivre une autre dans les trois jours, et cette fois là aucun quorum n’était requis…

Mais il demeure que cette absence délibérée de plus du tiers des conseillers généraux a terni la fête de la départementalisation et a surtout révélé au grand jour l’amateurisme politique de certains.

Devenir le même jour à la fois le 101e département français, le 5ème département d’Outre-mer et la 27e région de France est un insigne honneur. A ce titre, cela se fête! Non seulement par les Mahorais qui ont bataillé durant un demi-siècle pour accéder à cette dignité, mais encore par tous nos compatriotes de l’Hexagone, de l’Outre-mer et de l’Etranger qui avaient conscience qu’il s’agissait d’un événement sans précédent dans l’histoire de la République.

Malgré cette irrésistible inclination à l’allégresse lors de ce moment exceptionnel, chacun a été très déçu de voir la séance du conseil général levée et renvoyée sine die au dimanche suivant. Les festivités ont été aussitôt suspendues jusqu’à nouvel ordre. A la joie se sont substituées des sentiments mêlés de confusion, d’incompréhension et de colère.

Pour comprendre ce revirement, il importe de souligner que la décision des huit conseillers généraux absents de la réunion de droit du 31 mars 2011 correspond non seulement à une absurdité politique mais encore à une faute inexplicable de l’UMP.

En tant qu’élus, leur irresponsabilité est un non-sens. En effet, en démocratie, la mission de représentant du peuple comporte, par essence-même, l’obligation de participer, le devoir de s’exprimer et l’impératif de voter pour donner sens à son action. Or, en refusant de siéger, en ce premier jour d’exercice de leur nouvelle mandature, les élus concernés ont totalement failli à leur mandat. D’autant qu’ils se sont dispensés, sans raison aucune, de livrer avant, pendant ou après la commission de leur forfait, les explications dues à nos compatriotes. En un mot, ils se sont montrés indignes de notre confiance.

Pire, alors que la liberté ne s’use que se l’on ne s’en sert pas, voilà qu’ils ont le toupet de se targuer d’avoir sciemment décidé de punir les autres élus qui auraient refusé de composer une majorité avec eux, en les contraignant à une seconde réunion de droit pour pouvoir élire le nouveau président du conseil général de Mayotte!

Faut-il rappeler qu’en France, toute légitimité résulte d’une élection libre et sincère excluant toute vaine tentative de rachat des voix ou toute manœuvre contraire au concours des formations politiques en toute transparence et sur des bases conventionnelles rendues publiques?

En tout état de cause, force est de constater que par ses propres divisions et contradictions internes, l’UMP s’est finalement privée elle même d’une majorité à l’Assemblée unique. D’ailleurs, n’est-il pas insensé de vouloir trouver, en lieu et place d’un consensus salutaire, une majorité factice dans une telle assemblée si composite? Les Mahorais apprécieront….

 

 

Abdoulatifou Aly

Député Modem de Mayotte

Après un report de quelques jours, Mayotte fête enfin dimanche 3 avril sa départementalisation. L’occasion pour Abdoulatifou Aly, député du Mouvement Démocrate et responsable de l’Outre-Mer au Shadow cabinet, de revenir sur les enjeux de cette nouvelle collectivité.

Quelle est votre réaction en ce jour de festivités ?

Abdoulatifou Aly : C’est un jour important car c’est la mise en place du 101 département français, le 5e DOM et la 27e région de France. C‘est la première fois dans l’Histoire de France qu’on crée une collectivité unique regroupant un département et une région avec une assemblée unique. Cela suscite beaucoup d’espoir chez les Mahorais : la garantie du choix libre et démocratique de leur sort institutionnel, la garantie de la sécurité de l’ensemble de la population face à nos voisins qui nous revendiquent, la garantie également de l’égalité républicaine, devant l’impôt, devant l’accès à l’école, …

Quel regard portez-vous sur cette expérimentation ?

AA : Un regard positif ! C’est un événement pour la République dans son ensemble, qui a été rendu possible notamment grâce à l’investissement du Mouvement Démocrate et de François Bayrou. L’expérimentation débute à Mayotte et devrait se poursuivre en Guyane et en Martinique. Plusieurs grands chantiers nous attendent : le développement économique, l’action sanitaire et sociale, sans oublier la formation à tous les niveaux pour répondre aux besoins d’une population jeune et souvent inexpérimentée.

Jeudi dernier, l’UMP a décidé de boycotter la séance introductive…

AA : J’ai été atterré par ce comportement incompréhensible, dans la mesure où cette formation n’a au préalable ni annoncé ni expliqué sa décision de boycotter la réunion. Nous avons mis tant de temps à construire cette départementalisation, qu’il est d’autant plus regrettable qu’un parti prenne sciemment en otage aussi bien le Gouvernement que l’ensemble de la population de Mayotte qui s’apprêtait à fêter cet événement. Toutefois, il ne faut pas généraliser l’attitude d’une force politique : la population mahoraise saura se montrer à la hauteur des exigences de cette départementalisation.

 

Abdoulatifou Aly, député du Mouvement Démocrate, réagit suite à la dégradation de la situation en Côte d’Ivoire. On compte déjà au moins 500 morts depuis décembre et l’ONU parle même de possibles crimes contre l’humanité et de catastrophe humanitaire sans doute pire qu’en Libye.


« La situation n’est plus tenable. La Côte d’Ivoire n’est plus au bord d’une guerre civile, elle y est entrée de plein pied », dénonce-t-il, mardi 29 mars

« Nous saluons les efforts de la communauté internationale, notamment l’Union Africaine et l’ONU, pour trouver une solution à la crise. Mais force est de constater que malgré tous les efforts de ces dernières semaines la situation empire », poursuit le responsable de la Coopération au sein du Shadow cabinet.

« La Côte d’Ivoire est un grand pays et la crise ivoirienne ne pourra être résolue, à terme, que par les ivoiriens eux-mêmes. Ceux qui pensent que le retrait de Laurent Gbagbo suffira à calmer les esprits n’ont pas pris la mesure de ce qui secoue la Côte d’ivoire aujourd’hui », ajoute-t-il.

« Nous demandons à Alassanne Ouattara, en tant que président élu, en tant que président de tous les ivoiriens, d’appeler instamment Laurent Gbabgbo à une négociation pour, non seulement discuter des conditions de retrait du président sortant, mais également des conditions d’une pacification des esprits. Le président élu et le président sortant doivent s’asseoir autour d’une table et c’est ce à quoi doit pousser aujourd’hui la communauté internationale dans son ensemble », conclut Abdoulatifou Aly.