Abdoulatifou ALY

Député de Mayotte

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Abdoulatifou ALY

Fédération de Mayotte

 

La loi organique du 3 août 2009 portant départementalisation de Mayotte a fixé l’avènement de ce nouveau régime institutionnel à compter de la première réunion de droit suivant le renouvellement du conseil général de l’île les 20 et 27 mars 2011.

Ainsi, bien longtemps à l’avance, la date historique du 31 mars 2011, arrêtée comme jour du basculement sous le régime départemental, était connue de tous. Et pourtant, huit conseillers généraux prétendant à une majorité constituée autour de ceux qui se réclament de l’Union pour un Mouvement Populaire (UMP), à l’exception notable du Président UMP sortant, ont sciemment décidé de ne pas siéger ce-jour là, privant donc l’assemblée du quorum des deux tiers nécessaires pour la validité de toute délibération.

De ce fait, à cette réunion de droit, devait suivre une autre dans les trois jours, et cette fois là aucun quorum n’était requis…

Mais il demeure que cette absence délibérée de plus du tiers des conseillers généraux a terni la fête de la départementalisation et a surtout révélé au grand jour l’amateurisme politique de certains.

Devenir le même jour à la fois le 101e département français, le 5ème département d’Outre-mer et la 27e région de France est un insigne honneur. A ce titre, cela se fête! Non seulement par les Mahorais qui ont bataillé durant un demi-siècle pour accéder à cette dignité, mais encore par tous nos compatriotes de l’Hexagone, de l’Outre-mer et de l’Etranger qui avaient conscience qu’il s’agissait d’un événement sans précédent dans l’histoire de la République.

Malgré cette irrésistible inclination à l’allégresse lors de ce moment exceptionnel, chacun a été très déçu de voir la séance du conseil général levée et renvoyée sine die au dimanche suivant. Les festivités ont été aussitôt suspendues jusqu’à nouvel ordre. A la joie se sont substituées des sentiments mêlés de confusion, d’incompréhension et de colère.

Pour comprendre ce revirement, il importe de souligner que la décision des huit conseillers généraux absents de la réunion de droit du 31 mars 2011 correspond non seulement à une absurdité politique mais encore à une faute inexplicable de l’UMP.

En tant qu’élus, leur irresponsabilité est un non-sens. En effet, en démocratie, la mission de représentant du peuple comporte, par essence-même, l’obligation de participer, le devoir de s’exprimer et l’impératif de voter pour donner sens à son action. Or, en refusant de siéger, en ce premier jour d’exercice de leur nouvelle mandature, les élus concernés ont totalement failli à leur mandat. D’autant qu’ils se sont dispensés, sans raison aucune, de livrer avant, pendant ou après la commission de leur forfait, les explications dues à nos compatriotes. En un mot, ils se sont montrés indignes de notre confiance.

Pire, alors que la liberté ne s’use que se l’on ne s’en sert pas, voilà qu’ils ont le toupet de se targuer d’avoir sciemment décidé de punir les autres élus qui auraient refusé de composer une majorité avec eux, en les contraignant à une seconde réunion de droit pour pouvoir élire le nouveau président du conseil général de Mayotte!

Faut-il rappeler qu’en France, toute légitimité résulte d’une élection libre et sincère excluant toute vaine tentative de rachat des voix ou toute manœuvre contraire au concours des formations politiques en toute transparence et sur des bases conventionnelles rendues publiques?

En tout état de cause, force est de constater que par ses propres divisions et contradictions internes, l’UMP s’est finalement privée elle même d’une majorité à l’Assemblée unique. D’ailleurs, n’est-il pas insensé de vouloir trouver, en lieu et place d’un consensus salutaire, une majorité factice dans une telle assemblée si composite? Les Mahorais apprécieront….

 

 

Abdoulatifou Aly

Député Modem de Mayotte

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