Abdoulatifou ALY

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Abdoulatifou ALY

Yemenia: Paris demande la publication du rapport d’enquête

PARIS, 30 juin 2010 (AFP)

Le gouvernement français a demandé mercredi aux autorités comoriennes la publication rapide du rapport d’enquête intermédiaire sur les causes du crash d’un Airbus A310 de la Yemenia, ayant coûté il y a un an la vie à 152 personnes au large des Comores.

« Nous demandons absolument instamment la communication du rapport d’expertise intermédiaire des autorités comoriennes », a déclaré Jean-Louis Borloo, ministre de l’Ecologie, devant les députés.

Un peu plus tôt dans la journée, son secrétaire d’Etat aux Transports Dominique Bussereau avait demandé dans un communiqué sa publication « sans délai » pour « que toute la lumière soit faite sur cet accident dans les meilleurs délais ».

Le secrétaire d’Etat, qui avait exprimé « sa profonde émotion » aux familles, avait profité de cet anniversaire pour annoncer que des démarches ont été entreprises pour « offrir la plus grande transparence aux passagers sur les compagnies qu’ils empruntent ».

« Nous demandons également la communication au grand public des audits de sécurité de l’ensemble des compagnies qui desservent cette partie de l’Océan indien », a précisé M. Borloo à l’Assemblée, en réponse à une question posée par Abdoulatifou Aly, député Modem de Mayotte.

Le ministre a enfin indiqué qu’il soutenait « les projets actuels des compagnies françaises et européennes pour desservir directement les Comores avec un débat sur une baisse des tarifs ».

L’enquête semble au point mort et les familles, à Moroni comme à Marseille, désespèrent désormais de connaître un jour la vérité.

Le 30 juin 2009, l’A310 effectuant la liaison Sanaa-Moroni s’était abîmé avec à bord 153 personnes, dont beaucoup vivaient en région parisienne et à Marseille. Une passagère de 12 ans avait survécu.

© 2010 AFP

Monsieur le Président, 

Mes Chers Collègues, 

Ma question s’adresse à M. le Secrétaire d’Etat aux transports.

Monsieur le Ministre, 

Il y a un an jour pour jour, le 30 juin 2009, un Airbus A310 de la compagnie Yemenia, s’abîmait en mer à proximité des Comores. L’avion effectuait le dernier tronçon d’un trajet au départ de Paris, via Marseille et Sanaa, capitale du Yémen, à destination de Moroni, capitale des Comores.
152 des 153 personnes à bord ont péri. Parmi les victimes identifiées, on compte pour la quasi-totalité des ressortissants français et comoriens. 

Ce triste anniversaire est d’abord l’occasion de rendre hommage aux victimes et de réaffirmer notre solidarité avec leurs familles. 

Il doit être plus encore l’occasion de rappeler qu’il existe certaines compagnies aériennes qui dérogent aux règles les plus élémentaires de sécurité et font circuler ce que j’appellerais des « avions cercueils ». Concernant la Yéménia, déjà en 2008, soit un an avant la catastrophe, une association, SOS Voyages aux Comores, avait été créée pour alerter les autorités sur l’état déplorable des avions de cette compagnie. 

Qui plus est, dans ces avions prennent place des personnes attirées par des bas prix… ce qui revient à une scandaleuse ségrégation économique et sociale devant le risque aérien ! 

Dès lors, Monsieur le Ministre, voici mes questions : 

1) Quelles discussions bilatérales comptez-vous engager avec le gouvernement comorien pour l’amener à prendre les mesures qui s’imposent pour la sécurité aérienne de nos ressortissants et des siens ? 

2) Quelles sont les dispositions que vous avez prises pour vous assurer que nos compatriotes voyagent en toute sécurité, sachant que la Yemenia a repris ses vols dans les mêmes conditions et que les causes de l’accident ne sont toujours pas connues ? 

3) Quel dispositif d’information des voyageurs allez-vous mettre en œuvre pour que ceux-ci soient informés avant leur départ d’un changement d’appareil au cours d’une escale à l’étranger qui peut les amener à prendre place dans un avion non conforme aux règles de sécurité ? 

4) Plus largement, au plan national et européen, comment comptez-vous agir pour mettre ces compagnies hors d’état de voler au péril de la vie de leurs passagers ? 

Monsieur le Ministre, je compte sur vous ! »

Crash Yemenia : vers une commission ?

AFP
04/06/2010 | Mise à jour : 17:46

Le député de Mayotte Abdoulatifou Aly (Modem) a déposé à la présidence de l’Assemblée nationale une proposition de résolution pour la création d’une commission d’enquête sur les causes du crash de l’A310 de la compagnieYemenia, le 30 juin 2009. Un Airbus de Yemenia effectuant la liaison Sanaa-Moroni s’était abîmé en mer près des côtes comoriennes avec à bord 153 passagers et membres d’équipage, dont de nombreux Comoriens et Français d’origine comorienne. Seule une passagère de 12 ans avait survécu.

« On ne peut pas accepter que des Français meurent dans des conditions aussi dramatiques puisque tout le monde savait quel était l’état, déplorable, sur le plan technique, de cet avion », a affirmé M. Aly, au cours d’un point de presse. Le député mahorais a souligné qu’ »un an après, on ne sait toujours pas pourquoi cet avion s’est crashé » et que « les vols ont repris dans les mêmes conditions, aussi sombres ». « Depuis un an, on n’a encore rien fait ».

Le président de l’association « SOS Voyages aux Comores » Said Ahamada, qui avait tiré en vain la sonnette d’alarme avant l’accident, a rappelé que « Yemenia a repris ses vols en février » sur la même liaison. La part de Yemenia, « de 60 à 70% avant le crash », a baissé au profit de Kenya Airways et Air Madagascar, mais les bas tarifs pratiqués par Yemenia continuent à attirer les passagers les moins fortunés, a ajouté M. Ahamada.
Selon ce dernier, le cabinet de Dominique Bussereau, secrétaire d’Etat aux transports, a affirmé que « juridiquement, il n’avait aucune possibilité de contraindre la Yemenia à améliorer ses normes de sécurité entre Sanaa et les Comores ».