Abdoulatifou ALY

Député de Mayotte

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Abdoulatifou ALY

L’acutalité du Shadow Cabinet d’Abdoulatifou aly est aussi sur le site national du Mouvement démocrate.

http://www.mouvementdemocrate.fr/shadow/aly.html

Madame la Présidente,

Madame la Ministre,

Mes Chers Collègues,

L’examen du présent projet de loi organique relatif à l’évolution institutionnelle de la Nouvelle-Calédonie et de Mayotte nous offre l’occasion d’éclairer l’avenir statutaire de ces territoires.

Pour ma part, j’adresse un salut fraternel à nos compatriotes de Nouvelle-Calédonie qui voient ainsi renforcée l’autonomie de leur pays et je vais concentrer mon propos sur l’article 42 du projet de loi organique qui est consacré à l’instauration du futur département de Mayotte.

Le principe de la transformation de Mayotte en département répond parfaitement à la revendication cinquantenaire de la population locale, exprimée pour la première fois au congrès des notables du 02 novembre 1958 et réitérée inlassablement par la suite, notamment lors de la fameuse consultation populaire du 11 avril 1976 à l’occasion de laquelle les Mahorais se sont exprimés sur une question non posée par des bulletins non officiels en faveur des institutions départementales.

Le projet de loi, déposé à l’époque pour créer le département de Mayotte fut retiré avant même qu’il ne soit discuté au Parlement, et depuis, les gouvernements successifs n’ont cessé de nous imposer des statuts provisoires de collectivité territoriale puis de collectivité départementale dont le dernier n’est autre que celui institué par la loi simple du 11 juillet 2001.

Tirant les conséquences de la consultation référendaire du 29 mars 2009, le Gouvernement actuel, à l’initiative du Président de la République, nous invite à présent à travers l’article 42 du projet de loi organique, à répondre enfin aux aspirations profondes et légitimes de la population de Mayotte.

C’est donc la fin des statuts provisoires. S’ouvre désormais le règne des institutions de droit commun se substituant aux habituelles dispositions spécifiques et particulières à Mayotte.

Il reste néanmoins que le nouveau statut institutionnel de Mayotte correspond à une collectivité sans précédent dans l’histoire de la République puisqu’elle constitue pour d’évidentes raisons d’efficacité et d’économie d’échelle une fusion, dans une seule et même entité territoriale, du régime départemental et des compétences régionales.

C’est pourquoi, au-delà du cadre statutaire spécialement prévu au dernier alinéa de l’article 73 de la Constitution, et qui est donc appelé à s’appliquer tant outre-mer que dans l’hexagone, le futur département de Mayotte cumule, conformément aux projets de réforme de la Commission Balladur, les attributions pleines et entières d’un département ordinaire et celles tout aussi ordinaires d’une région outre-mer.

Il importe dès lors de relever que cette nouvelle formule institutionnelle instaure un vrai dispositif régional et un complet régime départemental.

En somme, il est prévu la création d’un « département Mouhakkaka », je veux dire un département à 100% comme le souhaitent ardemment les Mahorais et tel que le dénote la rédaction rectifiée de cet article 42 du projet de loi organique.

A cet égard, je tiens à adresser à la Commission des Lois et au Gouvernement mes remerciements pour avoir accepté, dans un esprit d’ouverture et de dialogue, la reformulation des termes de cet article 42 du projet de loi organique.

Dans ces conditions, c’est le droit commun national qui s’appliquera dorénavant à Mayotte et dans tous les domaines d’activité, avec l’avantage qu’il ne s’agira guère d’assimiler notre île à la Corrèze ou à la Guyane mais plutôt d’assurer le respect de nos spécificités culturelles par le biais notamment des compétences régionales dorénavant reconnues aux autorités locales.

Il va sans dire qu’il est particulièrement souhaitable que le mode de scrutin applicable pour l’élection des futurs membres de l’assemblée unique de Mayotte comporte une certaine dose de proportionnelle pour mieux assurer une meilleure représentation des principales forces politiques de l’île tout en garantissant une stabilité propice au bon fonctionnement même des institutions locales.

Madame la Ministre, l’objectif d’égalité républicaine inscrit dans ce projet de loi organique exige de la population de Mayotte de gros efforts et sacrifices tant nos handicaps et nos retards sont importants par rapport aux autres départements et régions d’outre-mer. Mais nous sommes prêts à relever ces défis si l’Etat nous assure son concours pour réaliser les progrès à accomplir, comme cela est annoncé dans le pacte pour la départementalisation de Mayotte.

A cet égard, permettez-moi de rappeler que l’égalité devant l’impôt, valeur fondamentale héritée de la Révolution de 1789, restera un vain mot à Mayotte tant que le Gouvernement, qui a le monopole de l’initiative des réformes en matière fiscale et douanière, ne saisira pas l’assemblée territoriale d’un projet d’extension à l’île du régime fiscal et douanier national.

De même, l’on continuera à sacrifier des générations de jeunes Mahorais tant que le Gouvernement ne poursuivra pas résolument la politique de généralisation et de normalisation de l’éducation nationale à Mayotte. Je ne méconnais pas les conséquents moyens budgétaires déployés dans ce secteur, mais il y a lieu de souligner l’ampleur des efforts restant à poursuivre durant les décennies à venir pour rattraper le niveau des départements hexagonaux ou d’outre-mer.

Enfin, force est de réitérer que l’enjeu statutaire à Mayotte n’est pas seulement institutionnel mais plus encore sociétal puisqu’il s’agit de passer d’un monde sous developpé à un monde moderne à l’image de la France. Vous comprendrez donc aisément que le fonds de développement économique et social, prévu dans le pacte pour la départementalisation de Mayotte, doit rapidement être concrétisé par le biais d’un véritable plan de développement permettant de favoriser, dans le dialogue et la concertation avec nos élus, la transformation de cette île en une véritable région ultra-périphérique de l’Union européenne.

C’est donc à l’aune de ces observations que je voterai favorablement ce projet de loi organique.

Monsieur le Président, Madame la Secrétaire d’État, mes Chers Collègues, je vous remercie de votre attention.

Monsieur le Président,

Monsieur le Ministre,

Mes chers collègues,

Vitrine de notre géographie et de notre patrimoine, activité par essence non délocalisable et important gisement d’emploi, le tourisme constitue un secteur clé pour notre pays dans la mondialisation. Quelques chiffres méritent en effet d’être rappelés :

- 12,8 milliards d’euros d’excédent du solde touristique en 2007 ;

- 196 millions de visiteurs accueillis la même année ;

- 984 000 emplois dans le secteur.

Développer, adapter et moderniser notre industrie touristique représente donc un enjeu essentiel. A cet égard, le projet de loi présenté aujourd’hui devant notre assemblée contient incontestablement un certain nombre d’avancées, qui nous amènent à jeter un regard globalement positif sur ce texte.

Parmi ces avancées, je veux citer :

- l’abaissement à 5,5% de la TVA dans la restauration : cette revendication très ancienne de la profession était aussi un vieux serpent de mer politique. Elle trouve enfin un aboutissement : tant mieux ! J’ajoute que je suis défavorable à la mise en place d’une « usine à gaz » réglementaire concernant le partage des bénéfices de cet allègement fiscal. En la matière, c’est un dialogue constructif avec les professionnels qui doit être privilégié.

- autres avancées : la création de l’agence de développement touristique Atout France ;

- la réforme du classement des équipements touristiques ;

- l’élargissement du dispositif des chèques vacances aux PME de moins de cinquante salariés

Cependant, on peut émettre dans le même temps un certain nombres de réserves et de critiques.

En premier lieu, certains éléments semblent disparates. C’est le cas par exemple des motos-taxis ou des grands stades. Cela donne à ce texte un aspect « inventaire à la Prévert » qui fait davantage penser à une série d’ajustements techniques qu’à une véritable vision politique d’ensemble.

Enfin, on ne peut que regretter l’absence quasi totale de prise en compte de nos outre-mers et de leurs problématiques touristiques spécifiques dans ce projet de loi. La France des océans est hélas l’absente de ce texte malgré quelques tentatives d’apports par des amendements du groupe SRC.

Nos outre-mers, ce sont bien sûr des destinations reconnues et bien installées mais qui ont besoin d’être confortées, comme la Guadeloupe, la Martinique, la Polynésie et la Réunion. Mais ce sont aussi de « nouvelles frontières » touristiques, parmi lesquelles je veux citer mon île de Mayotte :

Or, nous connaissons les défis à relever :

- l’augmentation, l’adaptation et la montée en qualité de l’offre de structures d’accueil ;

- l’orientation et la formation des jeunes aux métiers du tourisme ;

- la communication pour faire émerger une véritable marque

Mayotte ;

- les moyens de transports et singulièrement les transports aériens. J’ai bien noté l’introdction par le Sénat du principe d’un rapport sur l’accueil des touristes dans les aéroports internationaux français. Il y aurait en effet beaucoup à dire sur le nôtre, celui de Dzaoudzi-Pamandzi, dont la piste trop courte ne permet pas une liaison directe avec Paris dans de bonnes conditions ;

- et enfin la préservation de notre environnement, ce qui signifie chez nous avant tout notre lagon, dont il faut rappeler qu’il est un des plus grands du monde. Cette vision d’un tourisme inscrit dans le développement durable est d’ailleurs une autre grande absente de ce texte.

Nos outre-mers en général manquent donc hélas à l’appel. C’est pour nos territoires et collectivités une nouvelle occasion manquée après une LODEOM allant certes dans le bon sens mais de manière insuffisante.

Voilà Monsieur le Président, Monsieur le Ministre, mes chers collègues, les quelques remarques que je souhaitais faire sur ce projet de loi.